COP21 : accord de l’espoir ?

Dimanche 13 Décembre, 2015  21:35  |   Oecologi@



L’accord de Paris a été adopté à l’unanimité ce 12 décembre 2015. Un accord qualifié d’historique, d’ambitieux, d’universel et juridiquement contraignant.



Les 195 États se sont mis d’accord pour limiter le réchauffement climatique à 2°C et poursuivre leurs efforts pour atteindre 1,5 degré Celsius à l’horizon 2100.

Oecologi@ - M. Kendred Dorsett - Ministre de l’environnement des Bahamas (à gauche), M. James Fletcher - Ministre de l’environnement de Sainte Lucie (à droite)
M. Kendred Dorsett - Ministre de l’environnement des Bahamas (à gauche), M. James Fletcher - Ministre de l’environnement de Sainte Lucie (à droite)

La limite de 1,5°C a été exigée par les petits États et territoires insulaires particulièrement vulnérables aux changements climatiques et à la hausse du niveau des océans. Comme le précise les ministres de l’environnement des Bahamas et de Sainte Lucie.

L’accord de Paris n’est pas parfait, certes, mais constitue une base sur laquelle on peut bâtir des actions concrètes estiment les États Parties. Le Soudan du Sud et l’Irak, par exemple ont accepté l’accord pour le bien commun de leur population, de la planète et de l’humanité

Oecologi@ - M. Deng Deng Yai Hoc, Ministre de l’Environnement - Soudan du Sud (à gauche), M. Fareed Yasseen - Ambassadeur d’Irak en France (à droite)
M. Deng Deng Yai Hoc, Ministre de l’Environnement - Soudan du Sud (à gauche), M. Fareed Yasseen - Ambassadeur d’Irak en France (à droite)

L’accord prévoit aussi la mobilisation de 100 milliards de $ par année pour aider les pays en développement à financer des mesures d’atténuation et d’adaptation et assurer leur transition énergétique. La Guinée souhaite que l’accès à ces fonds soit effectif, tandis que l’Afrique du Sud demande sa révision à la hausse.

Oecologi@ - Mme Kadiatou N’Diaye, Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts - Guinée ConaKry(à gauche), Mme Edna Molewa - Ministre des Affaires environnementales - Afrique du Sud (à droite)
Mme Kadiatou N’Diaye, Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts - Guinée ConaKry(à gauche), Mme Edna Molewa - Ministre des Affaires environnementales - Afrique du Sud (à droite)

Le texte annonce un soutien relatif aux pertes et dommages aux pays en développement les plus vulnérables aux dérèglements climatiques. Le Sénégal a tenu a souligné l’importance de dissocier le mécanisme de Varsovie sur les pertes et dommages de l’adaptation.

Oecolog@  M. Abdoulaye Baldé - Ministre de l’environnement et du développement durable - Sénégal
M. Abdoulaye Baldé - Ministre de l’environnement et du développement durable - Sénégal

« Pour nous, l’adaptation permettra de construire une économie résiliente face aux incertitudes climatiques et les pertes et dommages permettront la riposte aux chocs présents et futures »
  M. Abdoulaye Baldé

Toutefois, pour éviter des actions en justice à cause de leur « responsabilité historique » dans le réchauffement climatique, les pays développés ont tenu à insérer une clause qui exclut toute « responsabilité ou indemnisation » des pays du Nord.

Oecologi@ - Accord de Paris - article8

L’accord prévoit aussi le renforcement des capacités des pays les moins avancés et les plus vulnérables afin qu’ils puissent « lutter efficacement contre les changements climatiques ». À cet effet, certains États ont appelé les pays développés à tenir leurs promesses et honorer leurs engagements en matière de financements afin d’aider les Pays en Voie de Développement à appliquer l’accord de Paris.

Oecologi@ - M. Deng Deng Yai Hoc, Ministre de l’Environnement - Soudan du Sud
M. Deng Deng Yai Hoc, Ministre de l’Environnement - Soudan du Sud


« Nous exhortons les pays développés à honorer leurs promesses et répondre à leurs obligations de fournir les financements aux pays en développement pour leur permettre de mettre en œuvre l’accord »
M.  Deng Deng Yai Hoc

En prenant la parole, les représentants de l’union Européenne à la COP21 ont réaffirmé que les États membres de l’organisation sont résolus à respecter leurs engagements financiers. Ils ont aussi insisté sur l’obligation de traduire cet accord en des actions concrètes qui transformeraient nos sociétés et nos économies.

M. Miguel Arias Cañete - Commissaire européen à l'Action pour le climat et de l'énergie (à gauche), Mme Carole Dieschbourg - Présidente du Conseil des ministres de l’Environnement de l’Union européenne (à droite)
M. Miguel Arias Cañete - Commissaire européen à l'Action pour le climat et de l'énergie (à gauche), Mme Carole Dieschbourg - Présidente du Conseil des ministres de l’Environnement de l’Union européenne (à droite)

L’Accord devrait mettre en place un mécanisme quinquennal de révision des engagements. Ce mécanisme devrait évaluer les contributions nationales et permettre aux pays de revoir à la hausse leurs objectifs et actions.


Les États membres de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques doivent se rencontrer à Marrakech en novembre 2016 à l’occasion de la COP22. Ils devraient discuter des progrès réalisés, renforcer leurs engagements pris à Paris et mettre en place d’autres mécanismes pour faire face aux changements climatiques. À cet effet, la ministre marocaine déléguée chargée de l’Environnement, Hakima El Haïté, a invité les Parties à agir sans délai.

Oecologi@ - Mme Hakima El Haïté : Ministre déléguée chargée de l’environnement - Maroc
Mme Hakima El Haïté : Ministre déléguée chargée de l’environnement - Maroc

Pour sa part, le président François Hollande à promis que la France « mettra tout en ouvre pour appliquer l’accord et accélérer le mouvement »

Oecologi@ - M. François Hollande - Président de la République Française
M. François Hollande - Président de la République Française


« Demain, dès demain je ferai la proposition pour que les pays qui veulent aller plus vite puissent réactualiser avant 2020 tous leurs engagements.»
M. François Hollande

L’accord de Paris entrera en vigueur à partir de 2020. Le texte souligne l’importance du transfert de technologies « de façon à accroître la résilience aux changements climatiques et à réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Il met également l’accent sur la promotion de la coopération internationale. L’accord déclare aussi l’importance de l’accélération de la transition vers les énergies propres.